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traititre2  philippe guignes

 
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Figures mentales
figures mentales
    Hommes ou chimères, matière  organique ou  sève s’épanchant, souffrances humaines ou végétales, ce regard sur notre condition est une remise en question  des apparences visibles, des enveloppes trompeuses, des écorces illusoires :  au-delà des façades voilées, se trouve l’épaisseur féconde de l’être...  

 


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 Comme une figure de proue
Comme une Figure de proue     Voilures, cordages, mâtures, amarres, anciennes coques, barques, cotres, goélettes, baleinières, chasse-marées, tout s'emmêle dans le port de Douarnenez, le temps d'une concentration d'anciens voiliers, pour les Fêtes maritimes devenues « Temps-Fête sur Douarnenez » depuis 2010. Grimper aux vergues et sur la hune, larguer, hisser le foc, appareiller, mettre enfin à la voile, autant de désirs d'ailleurs, d'autres horizons, chez le promeneur qui embarque pour ce voyage immobile à travers âges et océans, en endossant quelques instants le costume du pirate ou du corsaire, c'est selon sa dose de respect de l'ordre maritime, et son imagination ! Pleine de promesses, l'aventure est belle comme une figure de proue : sirène ensorceleuse, elle nous attend au bout du quai !
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Archipels de rouille
archipels de rouille     S'approcher de plus en plus des objets jusqu'à se perdre, en oublier la distance de l'humain pour se fondre dans la matière, explorer et s'égarer, devenir soi-même une part de l'objet pour renaître dans une autre dimension, celle du rêve.
Le fait de choisir des objets altérés, corrodés, facilite ce passage de la réalité à l'imaginaire, un bruit du temps qui se fait écho à travers usure, dégradation, et qui ouvre la voie à un autre monde composé de continents provisoires dont la fragilité doit être saisie dans l'instant et de toute urgence, de peur de les manquer.
Cette désagrégation obéit à des règles strictes et immuables, conséquence de facteurs aléatoires, car la géographie ainsi tracée n'est jamais identique et ses continents provisoires sont à redéfinir en permanence. L'exploration est infinie... 
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Mondes cachés
mondes cachés     La dégradation du calcaire des Baux de Provence compose un univers d'anfractuosités, labyrinthe d'excroissances, réseaux ramifiés de galeries, dentelles d'alvéoles, murailles criblées par l'érosion.

   Les mondes cachés qui s'ouvrent alors, cités rêvées ou illusions de la mémoire, produits du soleil et de l'ombre, exposent à la fois leur naissance et leur ruine, par un épanchement du temps, un fragile instant qu'il faut percevoir et aller contempler.
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L'Ardéchoise de tous les villages. partie 1
l'Ardéchoise_1    Le léger chuintement des pneus sur le bitume, qui monte dans l’air matinal et encore froid annonce l’arrivée imminente du peloton au passage du tout premier col, sans que  l’on n’entende aucune voix s’élever, chacun concentré dans l’effort, attentif à suivre sa ligne sans gêner le voisin, impressionné aussi par le nombre de participants _ jusqu’à 15 000 _ occupant à eux seuls plusieurs kilomètres de chaussée depuis le départ.  [...] 

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L'Ardéchoise de tous les villages. partie 2
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 Messages lapidaires
messages lapidaires    Sans pouvoir connaître le repentir du tableau peint, le message lapidaire, trace indélébile dans la roche, ne peut s'effacer mais se transforme lentement sous l'effet de l'érosion et prend la forme d'une écriture millénaire indéchiffrable, à la calligraphie parfois enchevêtrée, illisible, comme sous la tension fébrile d'une main à la fois nerveuse et légère, alternant les pleins et les déliés, gravant des arabesques aux longs traits ondulés. parfois ordonnée selon un rythme plus régulier, appliquée à graver les cursives d'un trait résolu, dans un même alignement de sillons uniformes. [...]  

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Continents provisoires
continents provisoires      De l'osmose que forment le sable, le ciel et l'eau, il ne subsiste que quelques traces à marée basse : capture et rétention des dernières zones d'eau, lent changement de couleur du sol qui s'assèche, d'abord en surface par des nappes de sable volatiles, puis plus profondément, en dévoilant les stries, canules et autres sillons créés par le courant en une architecture savante et précaire qui disparaîtra au prochain flux. L'eau s'échappe de ces meurtrissures puis en reforme inlassablement de nouvelles. [...] 

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 Les Nervures du temps
Les nervures du temps      Né de l'érosion qui a creusé des dépressions entre les arêtes calcaires, le site de Sauve offre une lecture du sol particulièrement intéressante.
Il est tentant de dresser un inventaire des formes imaginaires émergeant de cette mer de rochers : fines moulures, profondes ciselures, étoiles de mer, écailles de dragons, échines entrelacées, ondulations reptiliennes, simulacres de fossiles, réseaux hydrologiques ou dunaires, système nerveux, veines sinueuses, rides monumentales, chevelures pétrifiées, pellicules réticulées, flux de sève, trames végétales, fronces d'étoffes, plaies géologiques. [...] 
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 Signes d'abandon
signes d'abandon      Avec plusieurs milliers d'années d'histoire sous nos pas, de l'habitat préhistorique à celui du XIXème siècle, le village troglodytique de Barry a été le témoin des traces de notre passé, la mémoire minérale des humains qui l'ont investi, avant que la fragilité de la roche les incite à l'abandonner.
Si le regard parvient sans peine à trouver les traces d'occupation des lieux, alcôves, encoches, niches dans une paroi, restes de murs peints, lucarnes faisant office de fenêtres, stries des instruments qui ont évidé la roche, l'absence humaine , l'abandon, n'en sont que plus forts. [...] 
           
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 Langue d'Ocre
Langue d'Ocre      Dans les sables ocreux, se prépare la palette du peintre, avec des nuances surprenantes allant de la teinte la plus chaude à la plus froide, de la plus lumineuse à la plus obscure.

    Dans la falaise, l'ocre se livre par pans entiers ou par filons discrets , épanchements veineux ou saignements écarlates. La toile n'est pas loin où vont se transformer les pigments, où les formes vont naître de l'argile , de ses maigres reliefs qui se disposent déjà pour préfigurer la composition future. Les rythmes plastiques s'organisent pour donner vie à une langue des ocres.
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Épiderme marin
Épiderme marin    Le littoral s'expose tel un épiderme strié des marques éphémères ou durables du temps.  A la surface de l'eau, du sable ou de la roche, l'érosion trace une géographie mouvante où les stigmates sont nombreux. Sur la pellicule ténue, vient se graver une calligraphie au poinçon laissant ses meurtrissures profondes.
  La côte ressemble alors à un écorché cicatrisant ses plaies avant de nouvelles incisions, et ces mutilations du temps apparaissent aux yeux du promeneur comme autant de parures rituelles, scarifications, ornements magiques, eux-mêmes associés à des rites de passage, à la lente métamorphose du paysage marin. 
Empreintes
empreintes   Piémanson, la plage d'Arles, au bout d'une route au bout de tout, du Grand Rhône, de la Camargue, des rizières, du sel cultivé comme une céréale de la mer, du mistral qui pousse un dernier souffle avant de s'épuiser, voilà pour les stéréotypes qu'on appelle aussi curieusement " clichés " ou " images toutes faites ".
Tour à tour spontanée ou calculée, cette mise en images des empreintes naturelles répond au besoin de s'inscrire quelque part, d'accepter d'être soi-même la matière mouvante et instable, de se préparer enfin à accepter de vivre. [...] 

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Le Moulin d'Adrien
le moulin d'Adrien                                          « L'odeur du bois, le son du glas,
                                           Un temps de neige, un soir d'ivresse
                                           M'attristent moins que la tristesse
                                           Des moulins qui ne tournent pas !
 »
                                                        Gaston Couté (1880-1911)

Si le poète Gaston Couté pouvait voir Rimande de nos jours, il constaterait avec bonheur que le moulin du XVIème siècle est bien vivant...  [...]
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